
et j’affectionnerais les balades au cœur des grandes villes. Je les aimerais et les haïrais à la fois, pour leurs explosions permanentes et leurs ruées épuisantes. Je suis Elias. Quand je marche, les autres pensent que je suis l’un des leurs. Quand je parle, les inconnus me croient d’ici. Mais, comme tout le monde, je suis d’ailleurs. Nous ne sommes aucun de ces bouts de vie qui composent notre existence : chaque instant, lui-même instable, est une période en soi définissant une identité, si l’on y tient. Je n’ai aucune identité, puisque j’en ai des milliards se décomposant elles-mêmes en milliards d’autres. Quand on me prend pour un homme, je préfère regarder ailleurs. Les chiens, ou les choses. Les hommes se battent pour prouver qu’ils sont différents des autres, non pour établir qu’ils sont semblables. Moi, je suis Elias. Un autre.
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